, psychologue du travail et ergonome
Parce qu’on ne confie pas ce qui compte à un site web, mais à une personne.
Mon parcours
Pourquoi j’ai choisi d’accompagner les soignants et les institutions de santé
Je suis psychologue du travail et ergonome, diplômé d’un Master d’Ergonomie et Psychologie du Travail de l’Université de Poitiers. Depuis 2022, j’exerce en indépendant et j’accompagne deux publics : les professionnels de santé — infirmiers, aides-soignants, médecins, sages-femmes, cadres de santé — et les institutions de santé : EHPAD, centres hospitaliers, cliniques, crèches et structures médico-sociales. Mon travail porte sur une seule question : comment prendre soin de ceux dont le métier est de prendre soin des autres.
Le secteur du soin a des spécificités que peu d’accompagnants comprennent
Au fil de ces interventions, une constatation s’est imposée à moi. La souffrance au travail dans les métiers du soin ne ressemble à aucune autre, et elle exige un accompagnement qui en tienne compte.
Il y a d’abord la confrontation répétée à des situations qui abîment la perception de soi : l’échec thérapeutique, la mort, le sentiment de mal faire alors qu’on donne tout. Il y a ensuite le manque chronique de ressources — humaines, matérielles, temporelles — qui transforme chaque journée en arbitrage impossible. Il y a enfin une culture professionnelle qui survalorise la performance cognitive et technique au détriment de l’intelligence émotionnelle, comme si ressentir le poids du soin était un défaut de fabrication plutôt qu’une conséquence normale du métier.
Ces mécanismes, beaucoup de professionnels de l’accompagnement les ignorent. Or sans eux, un accompagnement psychologique reste à la surface : il soulage un moment, il ne change rien.
Un engagement auprès d’une population qui soutient tout le monde et qu’on soutient peu
Dans un contexte sanitaire et médico-social durablement en tension — pénurie de personnel, absentéisme, turnover, épuisement professionnel — j’ai fait le choix de consacrer ma pratique aux métiers du soin. Il ne s’agit pas seulement d’exercer dans le domaine de la santé. Il s’agit d’une conviction : concevoir des dispositifs d’accompagnement réellement adaptés aux soignants — analyse de la pratique professionnelle, groupes de parole, prévention des risques psychosociaux, soutien individuel, ergonomie des postes — est un chantier aussi urgent que fondamental.
Ma façon de travailler
Je pars du travail réel, pas du travail prescrit. Ce qui figure dans une fiche de poste et ce qui se passe à 6 h du matin en sous-effectif sont deux choses différentes. Mon travail commence par observer la seconde.
Je ne fais pas de diagnostic sans restitution. Chaque intervention débouche sur des éléments écrits, exploitables, discutés avec vous — pas sur un rapport qui finit dans un tiroir.
Je dis quand ce n’est pas mon champ. Certaines situations relèvent du soin psychique, du droit ou de la médecine du travail. Je le dis dès le premier échange et j’oriente.
Deux disciplines, une seule intervention
Psychologie du travail — Ce que le travail fait vivre aux personnes et aux collectifs.
Risques psychosociaux et souffrance au travail
Analyse de la pratique professionnelle
Cellules de crise et débriefing post-traumatique
Médiation et conflits d’équipe
Consultations et suivi individuel
Reconversion et parcours professionnels
Ergonomie — Ce que les conditions matérielles font au travail.
Analyse de l’activité réelle et analyse de postes
Contraintes physiques, posturales et de manutention
Charge cognitive, interruptions de tâche, travail de nuit
Aménagement de poste et maintien dans l’emploi
Document unique d’évaluation des risques (DUERP)
Accompagnement des situations de handicap
Un cadre souple, adapté à votre organisation
Chaque accompagnement se construit à partir de votre situation. Le format, le rythme et les modalités se décident ensemble, lors du premier échange.
En visioconférence, partout en France. Les consultations individuelles et de nombreux dispositifs collectifs se déroulent à distance, en visioconférence sécurisée. C’est souvent la solution la plus simple pour des professionnels en horaires postés.
Sur site. Pour les analyses de postes, les cellules de crise, les médiations et les séances d’analyse de la pratique, j’interviens directement dans vos locaux, partout en France, selon la nature et la durée de la mission.
Des créneaux compatibles avec le soin. Tôt le matin, en soirée, en fonction de vos roulements. Un planning de soignant ne se plie pas aux horaires de bureau : c’est à l’accompagnement de s’adapter.
Intervention rapide en situation de crise. Décès, suicide, agression, signalement de maltraitance : je m’engage à proposer un dispositif dans les 48 heures.
recherche & publications
Une même question depuis sept ans : adapter le travail à l’homme, et non l’inverse
J’écris et je publie depuis 2020. Pas sur des sujets épars : sur une seule question, que je reprends d’un terrain à l’autre.
Pendant plus d’un siècle, la psychologie du travail a d’abord cherché à adapter l’homme au travail : sélectionner les bons profils, les former, corriger leurs écarts. Le renversement de ce paradigme — adapter le travail à l’homme — est aujourd’hui inscrit dans le Code du travail comme principe général de prévention. Mais entre le principe et les pratiques réelles, l’écart reste immense.
Chacun de mes travaux examine un dispositif qu’une organisation met en place — une technologie, un référentiel de compétences, un plan de formation, un contrat de recherche — et pose la même question : ce dispositif sert-il réellement les personnes au travail, ou leur demande-t-on encore de s’y adapter ?
Premier temps — Ce que nous croyons voir
Mes premiers écrits portaient sur les stéréotypes et les biais de perception : la manière dont nos inférences sociales déforment ce que nous croyons observer d’une situation ou d’une personne.
C’était un point de départ, et il structure encore ma pratique. Quand j’entre dans un service en tension, je sais que le récit qu’on me livre — celui de la direction comme celui de l’équipe — est déjà interprété. Mon travail ne commence pas par écouter des opinions sur le travail. Il commence par observer le travail réel.
Saban, A. (2020). L’influence des stéréotypes sur la perception de notre environnement : fonctionnement et généralités. Le Médiablog du coaching.
Saban, A. (2020). Stéréotypes : inférences sociales et biais endogroupes. Le Médiablog du coaching.
Deuxième temps — Ce que les technologies font à l’activité
Entre 2023 et 2024, j’ai travaillé sur les dispositifs technologiques introduits dans le travail : réalité immersive, métavers, avatars, intelligence artificielle appliquée aux ressources humaines.
L’enjeu n’était jamais l’outil pour lui-même. Il était de savoir ce que l’outil fait à l’activité, à la relation et à la personne. Un bilan de compétences conduit en réalité immersive enrichit-il le processus d’orientation, ou le désincarne-t-il ? Une IA introduite dans un service RH élargit-elle les possibilités des professionnels, ou restreint-elle leur pouvoir d’agir ? Ces recherches m’ont conduit jusqu’au congrès international de l’AIPTLF à Montréal.
Ce travail éclaire directement les métiers du soin. Dossier patient informatisé, logiciels de planification, protocoles de traçabilité, outils d’évaluation de la charge : les soignants voient arriver en permanence des dispositifs conçus sans eux, censés les aider et qui souvent leur ajoutent du travail. Savoir analyser cela, ce n’est pas une curiosité intellectuelle. C’est une compétence d’intervention.
Saban, A. & Bobillier Chaumon, M.-E. (2023). Bilans de compétences en réalité immersive : dépasser les modalités d’accompagnement et de conseil traditionnelles pour améliorer le processus d’orientation professionnelle. L’Orientation Scolaire et Professionnelle, 52(1), 7-31. Revue à comité de lecture.
Saban, A., Bobillier Chaumon, M.-E. & Levy, P. (2023). Influence du métavers et de la réalité immersive sur la qualité et le déroulement de l’activité de conseil en entreprise. 24ᵉ congrès international de l’AIPTLF, Montréal.
Saban, A. & Bobillier Chaumon, M.-E. (2024). IA et ressources humaines : risques et opportunités d’un dispositif technologique en cours de développement au service de l’humain au travail. Actualité Juridique Fonction Publique, 5(3), 9-13.
Saban, A. & Rémon, V. (2023). Une brève histoire de l’avatar. Usbek & Rica.
Troisième temps — Ce que les institutions exigent, et ce qu’elles donnent
Depuis 2025, mes publications portent sur les organisations publiques, dans la revue Actualité Juridique Fonction Publique (Dalloz), lue par les directions et les services de ressources humaines de la fonction publique — dont relèvent une grande partie des établissements de santé et des structures médico-sociales.
Deux mécanismes m’intéressent particulièrement.
Le premier : l’écart entre ce que les institutions attendent des professionnels et les moyens qu’elles leur donnent pour y répondre. On demande aujourd’hui des soft skills — écoute, régulation émotionnelle, coopération, adaptabilité — sans toujours reconnaître ces compétences, ni les former, ni aménager le travail pour qu’elles soient exerçables. Cette contradiction est au cœur de la souffrance des métiers du soin : on exige de l’intelligence émotionnelle tout en survalorisant la seule performance technique.
Le second : ce qui permet réellement de transformer des pratiques. Les organisations changent leurs organigrammes, leurs procédures, leurs outils. Elles changent rarement leur culture de travail. J’ai étudié la formation comme levier de cette transformation — ce qui la rend efficace, et ce qui la réduit à une formalité.
Saban, A. (2025). Les soft skills dans la fonction publique : enjeux, défis et stratégies d’intégration à l’ère de la transformation. Actualité Juridique Fonction Publique, 4(1), 201-205.
Saban, A. (2026). Innovation managériale dans le service public : la formation comme levier de transformation des pratiques et de la culture organisationnelle. Actualité Juridique Fonction Publique.
Quatrième temps — Ce qui protège les personnes prises entre plusieurs exigences
Mon travail le plus récent, publié dans L’Orientation Scolaire et Professionnelle, porte sur les risques psychosociaux dans une relation tripartite : celle du doctorant en contrat CIFRE, pris entre son encadrement académique et son entreprise, avec deux logiques, deux temporalités et deux définitions de son travail.
Cette configuration est exactement celle des professionnels du soin. Un infirmier répond simultanément à l’institution qui fixe les moyens, à sa hiérarchie qui fixe les priorités, et au patient ou au résident qui exprime un besoin. Ces trois exigences ne coïncident presque jamais. C’est la définition même des injonctions contradictoires — l’un des facteurs de risque psychosocial les plus documentés, et l’un des plus mal pris en charge.
L’apport de cette recherche est de ne pas s’arrêter aux risques. Elle identifie les facteurs protecteurs : ce qui, dans la relation et dans l’organisation, permet à une personne de tenir dans une position structurellement intenable. C’est précisément ce que je cherche à construire lors d’une analyse de la pratique ou d’une médiation.
Saban, A. (2026). Encadrement doctoral en contexte CIFRE : risques psychosociaux et facteurs protecteurs dans la relation tripartite. L’Orientation Scolaire et Professionnelle, 55(1), 93-122. Revue à comité de lecture.
Où cela me conduit
Enseigner ces sujets m’a obligé à les tenir ensemble. À l’Université Paris 8, j’ai encadré pendant un an des étudiants de troisième année de psychologie sur les risques psychosociaux, le stress au travail, la reconnaissance et la qualité de vie au travail — et sur ce basculement paradigmatique de l’adaptation de l’homme au travail vers l’adaptation du travail à l’homme.
Ces travaux dessinent une même direction. Les dispositifs qu’on impose sans consulter ceux qui travaillent. Les compétences qu’on exige sans les reconnaître. Les positions intenables où l’on place les personnes sans leur donner de quoi tenir.
Les métiers du soin cumulent les trois. C’est pourquoi j’y consacre aujourd’hui ma pratique.
Écrire et publier ne relève pas, pour moi, d’une activité annexe. C’est ce qui garantit qu’une intervention repose sur des cadres théoriques éprouvés plutôt que sur des recettes — et c’est ce qui m’oblige à réinterroger régulièrement ma propre pratique.